Précédent
Suivant

Le travail scientifique sur les livres

     Les ouvrages du corpus juridique datant du xvie et parfois du xviie siècle sont, pour beaucoup, dotés d’une table des titres, voire des chapitres, mais dépourvus de tables de matières. La structuration de ces volumes est néanmoins sophistiquée et très détaillée. Leur système de classification et leur découpage sont empruntés aux grandes compilations de droit romain (Corpus juris civilis) et de droit canonique (Corpus juris canonici).

     Ces textes imprimés en latin comprennent de nombreuses abréviations, lesquelles, en l’état actuel de la technique d’océrisation, ne permettent pas une recherche plein texte satisfaisante.

     C’est pourquoi, afin de faciliter la consultation de ces œuvres, des tables des matières ont été dégagées et extraites de chacun des volumes. Un volet déroulant, en marge à gauche du document, permet de prendre connaissance de chaque niveau, lequel est directement accessible par un lien numérique. Accomplie par des historiens du droit, cette opération a été, de surcroît, enrichie des tables de citations modernes. Ces correspondances contemporaines permettent d’identifier précisément le passage des compilations juridiques médiévales commenté par les auteurs. Conformément à l’usage des transcriptions des allégations, chaque compilation est indiquée par son nom en abrégé suivi des numéros de livres, titres et chapitres.

Les abréviations utilisées sont les suivantes :

Auth.,1, 1, 1                   = Authentiqua, collatio 1a, titulus 1us, novellaa

C. 1 q. 1 c. 1                  = Decretum Gratiniani, causa 1a, quaestio 1a, canon  1us

Clem., 1, 1, 1                 = Clementis Papae V Constitutiones sive « Clementinae », liber 1us, titulus 1us, capitulum 1us

C., 1, 1, 1                      = Codex Justiniani, liber 1us, titulus 1us, capitulum 1us

D., 1, 1, 1                      = Digesta, liber 1us, titulus 1us, capitulum 1us

D. 1 c. 1                        = Decretum Gratiani, distinctio 1a, canon 1us

De cons., D. 1, c. 1         = De consecratione Gratiani tractatus, distinctio 1a, canon 1us

De pen., D. 1, c. 1           = De penitentia Gratiani tractatus, distinctio 1a, canon 1us

Inst. 1, 1, 1                    = Institutiones Justiniani, liber 1us, titulus 1us, § 1us

Nov., 1, 1                       = Novellae Constitutiones Justiniani, caput 1us

VI, 1, 1, 1                     = Liber Sextus Decretalium Bonifacii Papae VIII sive « Sextus », liber 1us, titulus 1us, capitulum 1us

X, 1, 1, 1                      = Decretales Gregorii Papae IX sive « Liber Extra », liber 1us, titulus 1us, capitulum 1us

 

Exemple : Corpus juris canonici notis illustratum Gregorii XIII jussu editum... Annotationes Ant[oni] Naldi... Et quæ in plerisque editionibus desiderabantur, Petri Lancelotti Institutiones juris canonici, Lugduni, 1661

     Cet ouvrage de 1720 pages est le recueil de l’ensemble de textes qui constituaient le droit canonique en vigueur jusqu’en 1917. Il se compose, en premier lieu, du Décret de Gratien (v. 1140) qui compile et opère la concorde des règles édictées depuis les premiers temps de l’Église et, en second lieu de collections de décrétales élaborées postérieurement. Il s’agit des Decretales Grégoire Papae IX ou Liber Extra (1234), du Liber Sextus Decretalium ou Sexte (1298), des Constitutiones Clémentis Papae V ou Clémentines (1317), des Extravagantes Johannis Papae XXII (1325-1327) et des Extravagantes communes (1500). Ces six collections forment le Corpus juris canonici dont le caractère officiel est reconnu à partir de 1580. Notre édition composée par Guillaume Barbier et Jean Girin à Lyon en 1661 a pour particularité d’inclure une septième collection. Élaboré par Pierre Matthieu en 1590, ce Liber Septimus Decretalium est une œuvre privée dépourvue de valeur officielle (voir Le Liber septimus decretalium de Pierre Mathieu).

     Le texte du Décret de Gratien se présente en trois parties. La première partie se divise en « distinctions » subdivisées en capitula ou canones. La seconde partie se divise en « causes » subdivisées en quaestiones, elles-mêmes subdivisées en capitula ou canones. La troisième partie, enfin, est composée d’un traité sur les sacrements (De consecratione) organisé en « distinctions » subdivisées également en capitula ou canones. Cette structure a été consignée dans la table des matières avec l’indication de la correspondance moderne. À titre d’exemple, au premier niveau se trouve la « Prima Pars », au deuxième niveau, la distinctio 1a, au troisième niveau, le canon 1us avec l’allégation contemporaine « D. 1, c. 1 ».

Cette présentation facilite l’accès direct au texte quel que soit le niveau recherché. Elle permet également une recherche sur tous les termes présents dans la table des matières.